Willow, trente ans après


DANS LE RÉTRO - souvenirs et autres madeleines


Warwick Davis
La nouvelle circule depuis le printemps, à faire ressurgir toutes les crottes de troll et lutins ébouriffés de mon enfance. Ce classique de la fantasy verrait son histoire prolongée par une série, vaguement en préparation, à l'initiative de Ron Howard lui-même. Willow : une VHS tant de fois ouverte. Jaquette bleue et jaune trainant sur le magnétoscope. Willow et son casting de nains pour représenter le village des Nelwyns – qui ferait cela aujourd'hui ? –, ses noms propres – Bavmorda et autres Brownies –, ses effets spéciaux qui piquent un peu les yeux (pourtant à la pointe, Light & Magic aidant), sa magicienne se transformant en animaux grâce au morphing, sa poudre de fée du broken heart, sniffée par Val Kilmer, dès lors éperdu d'amour pour la rousse Sorsha (Joanne Whalley, qu'on ne verra plus guère et qui d'ailleurs, deviendra sa femme...)

Val Kilmer. Pas à son meilleur – ce serait The Doors –, mais l'enfance excuse beaucoup au héros amoureux. Toute une école américaine, celle qui azimutait Bruce Willis dans Piège de cristal la même année : esbroufe, blagues potaches, sourire sexy, virilité qui gomme son nom tout en se déployant un plan sur deux. Ça peut donner cette robe rose endossée par Madmartigan pour échapper aux assauts d'un mari jaloux, transformée en kimono de samouraï au long d'une course-poursuite d'hommes, de vrais. Les héroïnes ne sont pourtant pas de reste. Elles ont pouvoir, intelligence et répartie : trois magiciennes, une guerrière, une petite fille destinée à sauver le monde... Le film passe même le test de Bechdel dans la dernière ligne droite, pas si mal pour les années 80.

Et puis il y a Willow. Cousin de ces hobbits dont l'humilité et la quête ont clairement inspiré George Lucas et Bob Dolman, coscénaristes. L'acteur, Warwick Davis, est aussi un Ewok du Retour du Jedi. Son personnage cimente avec Madmartigan un de ces duos équilibrés dont l'entertainment américain a du mal à se passer. Quelques formules et glands magiques, deux anti-héros, un amour romanesque sur des décors néo-zélandais... Le chœur d'enfants et la flûte japonaise qui soutiennent le thème principal (James Horner) restent définitivement ancrés dans ma mémoire.
Une série sur Willow ? Rendez-vous pris avec une autre temporalité.  

Manon Ona