CARTEL
Nom masculin

1. Alliance, entente, en vue d'une action commune.
2. Accord entre des chefs militaires ou des narcotrafiquants.
3. Défi entre chevaliers. 
4. Cartouche, étiquette fixée sur une œuvre d'art.
 


Quatre trajectoires, quatre personnalités bien différentes, quatre regards forgés au contact du tissu culturel toulousain. Quatre vies bien remplies, cherchant la parenthèse (enchantée) d’un blog libéré des plannings de rédaction et des nombres de signes. Quatre filles à plumes en reportage avec une envie, le partage et pour mot d’ordre, le plaisir.



BÉNÉDICTE SOULA

Ses amours ? Au fond tout ce qui est rouge : viande, vin, une certaine robe à bretelles, le Chant des partisans et son rouge à lèvres. Les poètes anars, qui ont l’cœur devant et leurs rêves au mitan. Danser, chanter, jusqu’au bout de la nuit, les démons de minuit. Rire. La voix de Nougaro. Les pas de Jackson. Tout ce qui fait des bulles en grappes, bain brûlant, mers du Sud et bière du Nord. Blanche et blonde. Les dessins satiriques. L’odeur noisette des vieux livres dans la bibliothèque massive en chêne noir. Modiano pour toujours. La lumière de Bonnard. Les couleurs qui crachent, les formes qui répliquent. La peinture expressionniste, allemande et surtout américaine, la folie de Rothko. Les cinéastes, encore des peintres pour nuit blanche, les taiseux comme les bavards, les languides comme les tourmentés. Penser beaucoup à mamie et papi, sur la route de l’enfance, au pays du fromage. La naissance de sa fille et la Renaissance italienne. Le sucré-salé. Mais surtout le salé.
Ses crispations ? Les radars, les P.V. Le concept d'obsolescence programmée. Les pères-la-morale et les dames patronnesses.
Ses inavouables ? Questions pour un champion (a même été candidate en 2005). Sa sieste… c’est non négociable. Ses listes infinies de films et de livres notés comme dans Télérama mais sur document word. 
Et plus sérieusement ? Bénédicte est journaliste – promotion 2003 de l’École de Journalisme de Toulouse – et critique de théâtre. Après avoir collaboré à un certain nombre de titres (dont Parcours des Arts, À Toulouse, Pyrénées Magazine, Satiricon), elle donne naissance au Brigadier, magazine des arts de la scène de Toulouse-Occitanie en 2012. Cinq ans plus tard, à la demande de Radio Présence, elle imagine Audition libre, une émission hebdomadaire plutôt joyeuse, également consacrée au spectacle vivant.



CÉCILE BROCHARD

Ses amours ? Trop nombreux pour tenir là. Les chats à rayures et les clématites bleues (ou l’inverse). Les histoires à la guitare. Les vies minuscules. Rouler longtemps. La pluie tiède et le goudron chaud. Catherine Certitude. Sempé. Calvin mais surtout Hobbes. Les Italiens quand ils savent qu’ils auront de l’amour et du vin. Le bruit des glaçons et le silence en pile. La première note des cornemuses. Jaccottet, Bonnefoy et toutes les nuances de vert. Le rose. Barbara et les forêts profooondes. Le rouge à lèvres. Le velours des vieux théâtres. Le ciel grand, la laine douce. Ken Loach, Springsteen et le ti punch. Rembrandt mais surtout Matisse. Le sourire d’Elvis, en coin. Le sourire de Tom pleine face. Les enfances avec la frange. Le photo-reportage et les Polaroïd de plage. Les îles tranquilles. Les hamacs sur le balcon. Tous les oiseaux de mon jardin (et même d’ailleurs).
Ses crispations ? Pas de crispations, ça grimace et ça ride. Des agacements parfaitement inutiles (à la caisse, au feu vert) et quelques colères fugaces. Souvent jouissives ceci dit (modèle Jean Yanne 1970).
Ses inavouables ? Love actually vu et revu. Jean-Paul Dubois quand il rit tout seul. Céline Dion depuis le début. Tous les duos sirupeux. Le vernis à ongles qui s’écaille. La bière brune bien crémeuse. La country music au volant de ma Ford Mustang, entre Brive et Cressensac. Un chaton par jour. Les motifs panthère. Le karaoké du camping avec ma lou sister.
Et plus sérieusement ? Cécile travaille à la demande si affinités, pour la presse et l'édition, le web et le papier et pour tous ceux qui ont besoin de ses mots. Le jour elle coordonne un dispositif d’accueil pour jeunes étrangers dans un lycée professionnel des quartiers nord. Le soir elle sort ou elle écrit. Après une longue vie de critique théâtre à Flashebdo devenu magazine, elle a largué les amarres pour écrire librement. Sur la liste des belles choses du premier paragraphe.



SARAH AUTHESSERRE

Ses amours ? David Bowie, les Buzzcocks, Romain Gary, les vodkas (polonaises), le cinéma (polonais), François Truffaut et Jean-Pierre Léaud, Eric Rohmer, l’Expressionnisme, le Symbolisme, la marionnette contemporaine, Ennio Morricone, Stax records, les Sixties, la Sicile, la Transylvanie.
Ses crispations ? Les réseaux sociaux, les selfies, les tenues de sport, les émissions politiques, se lever tôt.
Ses inavouables ? Les crooners, la variété italienne, la Blaxploitation.
Et plus sérieusement ? Après avoir exercé 25 métiers, Sarah trouve enfin sa voie(x) derrière un micro pour parler de ce qui a toujours été son phare dans la nuit : l’art. Depuis 2006, elle est chroniqueuse et journaliste culture à Radio Radio, couvre le théâtre principalement, passe tous ses étés au festival d’Avignon. Elle collabore de loin en loin puis de plus en plus au journal Intramuros jusqu’à intégrer l’équipe et y tenir la rubrique théâtre. Elle anime ponctuellement des rencontres avec des auteurs et des artistes de la scène théâtrale et chorégraphique.



MANON ONA

Ses amours ? Le vol des rapaces, le silence des vautours, l'altitude au-delà des arbres. Le ballet des pollinisateurs sur les coquelicots. Les BD au creux du canapé. Le creux du canapé. Le rayon de soleil dans le creux du canapé. Les lumières du matin et du soir, les photographies qu'elles permettent. Les bières IPA et le whisky tourbé. Les pages cornées, les coups de crayon dans la marge des livres. La poésie. Les jeux de plateau non coopératifs. Les guerrières. Les vampires et les monstres. Les gens dont on ne touche pas le fond. Les premiers mots de Fin de partie. Egon Schiele, parce qu'il manque toujours des bouts.
Ses crispations ? Les points de suspension. Les gens qui marchent sur les fourmis. Les coups de téléphone, les interdictions de rêver, les pragmatiques. Les cases et les cloisons étanches.
Ses inavouables ? Les dragons, les créatures, les Portoloin. Beugler en s'y croyant de la variété française des années 90. Pleurer en écoutant Calvin Russel, sur un rockin'chair invisible.
Et plus sérieusement ? Directrice du Clou dans la planche jusqu'en juin 2019, après onze ans de critique, Manon décide de changer de casquette pour approcher le spectacle vivant en amont des créations, en "filant" les compagnies. Depuis 2016, ses pièces de théâtre sont publiées dans les collections Théâtre contemporain et Théâtre jeunesse des Éditions Théâtrales ; elle répond aussi à des commandes. Rien qui ne l'empêche d'enseigner le français en collège et lycée.